Le lait


Liquide blanc au goût douceâtre, le lait est secrété par les glandes mammaires des femelles de quelque 4000 espèces de mammifères.
Aliment essentiel au nourrisson, il l’est aussi aux autres âges de la vie de l’être humain : enfance, adolescence, âge adulte, vieillesse.

 

1. La composition du lait
Un litre de lait pèse environ 1.032 grammes. Il est constitué principalement d’eau, de lactose, de matières grasses, de protéines et de sels minéraux.

L’eau

L’eau qui représente 80 % du poids du corps est aussi le principal constituant du lait, à raison de 905 g par litre de lait.
Via le sang, l’eau permet l’acheminement de l’oxygène et des substances nutritives vers toutes les parties du corps. Elle permet aussi l’élimination des toxines par les reins et assure la régulation thermique du corps.

Les glucides (sucres)
Le lactose est le glucide du lait. Aussi appelé “sucre du lait”, il est présent dans le lait à raison de 49 g par litre, soit l’équivalent de 12 morceaux de sucre (le lactose a un faible pouvoir sucrant : 6 fois moins que le sucre de betterave appelé saccharose).
Dans l’intestin, le lactose favorise le développement de bactéries qui inhibent les microbes pathogènes.

Les lipides (matière grasse)
Le lait est composé d’une multitude de globules de matières grasses, insolubles dans l’eau, suspendues dans ce qu’on nomme la “phase aqueuse". Le lait est donc une émulsion naturelle.
Lorsqu’on laisse le lait non traité (c’est-à-dire le lait de ferme ou “lait cru”) reposer au sortir du pis de la vache, les globules de matières grasses, plus légers que l’eau, remontent à la surface et forment une couche de crème. Celle-ci est composée d’une multitude de globules gras (3 à 4 milliards pour un millilitre de lait). Elle contient aussi du cholestérol et des vitamines. La matière grasse du lait contribue largement aux besoins énergétiques du corps.

Les protéines
Un litre de lait contient 34 g de protéines qui sont constituées par l’association d’une vingtaine d’éléments de base appelés “acides aminés”. Pour assurer le bon fonctionnement de ses organes, l’organisme humain doit synthétiser plus de 60 000 protéines différentes.
Les protéines sont indispensables à la croissance de l’homme et au maintien de sa bonne condition physique. Elles sont là pour structurer et faire fonctionner toute cellule vivante.
Les protéines sont partout : dans nos os, nos tissus, nos vaisseaux sanguins, notre peau, nos cheveux, nos ongles …

Les protéines du lait sont classées en deux groupes :

1. La caséine
qui contient du phosphore et l’essentiel du calcium présent dans le lait. Elle représente en poids 80 % des protéines du lait. La caséine joue un rôle primordial dans la coagulation du lait au cours de la fabrication du fromage.

2. Les protéines lactosériques (ou lactoprotéines)
dissoutes dans le lactosérum qui représentent les 20 % restants. La chaleur dénature les lactoprotéines du lait et les rend insolubles. Ce phénomène est responsable de la peau qui se forme parfois à la surface du lait que l’on a fait bouillir.
Il faut noter que le lait contient aussi des enzymes. Elles sont présentes en très petite quantité mais sont indispensables aux fonctions vitales, comme la digestion.

Les sels minéraux
Le lait contient environ 9 g d’éléments minéraux (1,3 g de calcium, 1 g de phosphore, 1,6 g de potassium, 1,1 g de chlore, 0,5 g de sodium, 0,14 g de magnésium).
Le lait est la meilleure source de calcium pour le squelette et les dents car il contient les proportions idéales de phosphore et de vitamine D nécessaires à l’assimilation du calcium par le corps.

Les vitamines
Les vitamines du lait se classent en deux catégories :

1. Les vitamines dites hydrosolubles,
solubles dans l’eau et le lactosérum (vitamines B et C).

2. Les vitamines dites liposolubles,
solubles dans les graisses et donc dans la crème (vitamines A, D et E ; le lait écrémé ne contient plus de vitamines liposolubles).
Le lait contient presque toutes les vitamines indispensables à la vie à l’exception de la vitamine C qui peut être apportée par les fruits et les légumes.
Il ne contient pas non plus de fer. Cette carence est rapidement comblée en lui ajoutant par exemple un peu de poudre de cacao.



2. La conservation du lait
Quand elles nourrissent leurs petits, ni la mère, ni la vache en bonne santé ne leur transmettent de micro-organismes nuisibles. Mais, laissé à l’air libre, ce liquide nutritif que représente le lait constitue un des milieux les plus propices au développement des bactéries. Si certaines bactéries sont utilisées pour la fabrication de dérivés du lait comme le beurre, le fromage ou le yaourt, d’autres, nocives, détériorent le lait et occasionnent des troubles de santé.
La conservation efficiente du lait revêt donc toute son importance pour notre santé.

La réfrigération
Au sortir du pis de la vache, la température du lait atteint 38°C. Or, à 20°C, les micro-organismes présents dans le lait peuvent proliférer de manière optimale.
Par conséquent, en attendant d’être traité (ou bu s’il s’agit du lait cru), le lait est conservé au froid à 4°C dans un refroidisseur à la ferme, ou dans des cuves de réfrigération à la laiterie. Le froid ne tue pas les micro-organismes mais il les empêche de se multiplier.

Le chauffage
Pour le conserver, le traitement le plus efficace à apporter au lait et aussi le plus ancien consiste à le chauffer. La température à laquelle le lait est soumis et la durée pendant laquelle il y est soumis vont conditionner l’efficacité du traitement sur les micro-organismes ainsi que le degré de dénaturation des protéines et des vitamines.

La pasteurisation
La pasteurisation est un procédé qui consiste à chauffer le lait à 63°C pendant 30 minutes (pasteurisation à basse température) ou entre 72°C et 76°C pendant 15 à 20 secondes (pasteurisation à haute température). De cette façon les germes pathogènes sont totalement détruits.
Ce traitement thermique est bref et respecte les qualités des nutriments (protéines, minéraux et la plupart des vitamines).
Le délai de conservation du lait pasteurisé est court. Ce lait ne se conserve que 7 jours au frigo en emballage fermé et de 2 à 3 jours une fois l’emballage ouvert.
La stérilisation
La stérilisation s’effectue en deux étapes : le lait est d’abord porté à une température de 130 à 140°C puis est refroidi ; il est ensuite versé dans des bouteilles de verre ou de polyéthylène et le tout est à nouveau porté à une température de 110 à 120°C pendant 10 à 20 minutes. Cette seconde étape vise à tuer tous les micro-organismes qui auraient pu s’introduire dans les bouteilles lors du remplissage et du capsulage.
Le but de la stérilisation est d’éliminer tous les germes qu’ils soient pathogènes ou non.
Le lait stérilisé est un lait de longue conservation qui se garde, à température ambiante et en emballage fermé, pendant plus de 6 mois. Lorsque l'emballage est ouvert, il doit être conservé au réfrigérateur et consommé dans les 2 à 3 jours : le traitement thermique sévère dénature certains nutriments ainsi que le goût.
L’upérisation
L’upérisation est un procédé moderne. C’est grâce à lui qu’est produit le lait UHT (Ultra Haute Température).
L’upérisation consiste à porter le lait instantanément à une température très élevée (140°C). Il est gardé à cette température pendant 2 à 5 secondes puis est refroidi tout aussi rapidement. La forte chaleur tue tous les micro-organismes mais la très courte durée de traitement permet de n’altérer ni le goût ni la valeur nutritive du lait.
Le lait UHT se conserve plusieurs mois à température ambiante si l’emballage n’a pas été ouvert.

 

3. La standardisation du lait
Nous l’avons vu, la teneur en crème (matière grasse) du lait de vache n’est pas toujours la même : rappelons-nous les laits peuvent contenir de 35 à 40 g de matière grasse par litre.
Devant de telles variations, il était nécessaire de standardiser ces taux.
Des normes ont été établies. Elles prévoient que :

Le lait entier doit comprendre 35 g de matière grasse par litre (soit 3,5 %). Sa valeur énergétique est de 65 Kcal par 100 g. Le temps très court du traitement auquel ce type de lait est soumis n’entraîne pas une dénaturation du goût et des nutriments.

Le lait demi écrémé doit comprendre 15 à 18 g de matière grasse par litre (soit 1,5 %). Sa valeur énergétique est de plus ou moins 48 Kcal par 100 g.

Le lait écrémé doit comprendre au maximum 3g par litre (soit au maximum 0,3 % de matière grasse). Sa valeur énergétique est de 30 Kcal par 100 g.
Le lait n’est donc pas un aliment gras. La consommation d’un bol de lait demi écrémé n’apporte que 4 g de lipides soit de 5 à 6 % de la consommation quotidienne requise.

Pour standardiser le lait, il faut d’abord l’écrémer. On ajuste ensuite la teneur en matière grasse en rajoutant de la crème en fonction du type de lait que l’on désire obtenir.

 

4. L’emballage du lait
L’industrie laitière, soucieuse du respect de l’environnement, utilise actuellement des emballages réutilisables ou recyclables.
Le lait pasteurisé est emballé dans des bouteilles en verre réutilisables, à large goulot, ou dans des boîtes en carton préformées en forme de prisme.
Le lait stérilisé est emballé dans des bouteilles en verre ou en polyéthylène capables de résister à la chaleur lors de la deuxième étape de stérilisation.
Le lait UHT est emballé dans des boîtes en carton dont la face externe est recouverte d’un film de polyéthylène et la face interne d’une feuille d’aluminium et d’un film de polyéthylène de telle sorte que le carton soit tout à fait imperméable aux gaz et à la lumière.
Le lait UHT est aussi souvent emballé dans des bouteilles blanches en polyéthylène.

 

5. D’autres produits dérivés du lait

Le beurre
Le beurre est connu depuis plus de 3000 ans, mais pendant très longtemps il est resté un aliment rare, local et artisanal.
En 1879, l'écrémeuse apparaît. Cette machine a contribué à l'essor de la fabrication du beurre, en permettant de développer l'industrie laitière et donc une fabrication à grande échelle.
Le beurre est fabriqué à base de crème, elle-même obtenue par écrémage du lait.
Dix litres de lait permettent d'obtenir un litre de crème. Celle-ci est pompée dans des citernes de maturation et est ensuite ensemencée avec des levains lactiques.
Pendant le processus de maturation, des cristaux de beurre se forment.
La crème maturée est agitée énergiquement, c’est ce que l’on appelle le barattage.
Les globules gras se soudent et provoquent l’apparition de grains de beurre. Le liquide libéré lors du barattage se nomme le lait battu ou babeurre.

Les fromages frais
Les fromages frais sont de très bonnes sources de protéines : de 7 à 8,5 g pour 100 g.
Ils sont riches en calcium : 70 à 140 mg pour 100 g c’est-à-dire 10 % des apports quotidiens recommandés à un adulte. Leur teneur en lipides varie de 0 à 10 %. Leur teneur en glucides varie de 3 à 18 %, elle dépend de la quantité de lactose ou de saccharose présente quand le fromage est sucré ou fruité. Elle dépend aussi de la quantité de fructose présent quand le fromage frais contient des fruits en morceaux, en coulis ou en pulpe.